02 février 2015

Belgique, le 2 février 2015

Chandeleur

Ce lundi 2 février c'est la fête de la chandeleur

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ll reste surtout les crêpes aujourd'hui. Mais pendant des siècles, la chandeleur était aussi symbolisée par des chandelles. Et c'est d'ailleurs de l'expression latine "festa candelarum" – comprenez "fête des chandelles" – que cette tradition tire son nom.

 

Pour les chrétiens, la chandeleur clôt le cycle de la Nativité, après Noël et l'Epiphanie. Elle commémore la présentation du Christ au temple de Jérusalem et la purification de Marie. A l'époque, la tradition juive voulait que les premiers nés soient présentés au temple dans les 40 jours après leur naissance. Celle de Jésus ayant été fixée au 25 décembre, la chandeleur tombe chaque année le 2 février, un lundi en 2015. C'est d'ailleurs ce jour là que la crèche est retirée dans la tradition provençale.

Des rites païens

 

Avant d'être adoptée par les chrétiens, des versions païennes de cette fête existaient déjà. Dans la Rome antique, les Romains organisaient chaque année à la mi-février une fête de purification – les Lupercales – en l'honneur du dieu de la fécondité et des troupeaux. Une partie de la cérémonie consistait à fouetter des jeunes femmes dans les rues de ville pour les rendre fécondes. Dans la mythologie celtique, on retrouve également la fête d'Imbolc organisée en février pour célébrer la fertilité avant l'arrivée du printemps.



C'est aussi du côté de la Grèce antique qu'il faut chercher l'origine de la chandeleur. Selon le mythe, Proserpine vit avec Pluton, le dieu des enfers, pendant la moitié de l'année en automne et en hiver. Celle-ci retourne auprès de sa mère Cérès, la déesse des moissons, au printemps et en été. Il était alors de bon ton d'allumer des torches en février pour célébrer l'arrivée de celle qui apporte la lumière et la fertilité.

 

Une fête chrétienne

 

Il aura fallu attendre le Ve siècle pour que le pape Gélase Ier fasse rentrer ces rites païens dans le giron de l'Eglise. L'évêque de Rome supprime la fête païenne des Lupercales et organise à la place des processions aux chandelles représentant Jésus comme la lumière du monde. Les cierges sont bénis ce jour là et les fidèles sont invités à les rapporter chez eux pour protéger leur foyer.

 

Mais alors pourquoi manger des crêpes ? Rondes et dorées, elles évoquent le soleil et les jours qui s'allongent de plus en plus vite. La fin de l'hiver est aussi l'époque des premières semences. La farine utilisée pour réaliser les galettes était un un symbole de prospérité pour l'année qui commençait.

 

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Palais Royal

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Bruxelles, ce 29 janvier 2015

Discours du Roi Philippe aux autorités du pays

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Monsieur le Premier Ministre,

Je vous remercie pour vos aimables vœux.

Mesdames et Messieurs,

Je suis heureux de vous accueillir à nouveau au Palais Royal. Notre rencontre d'aujourd'hui a un sens particulier. En effet, cette année s'ouvre avec de grands défis, à l'aube d'une nouvelle législature avec son agenda de réformes, et surtout après des événements tragiques qui nous frappent si durement.

Mesdames et Messieurs,

Nous avons tous été bouleversés par les attentats terroristes commis en France. En plus du drame personnel qu'ils constituent pour les victimes et leurs proches, c'est notre société toute entière qui s'est sentie ébranlée. Avec les opérations policières entreprises en vue de prévenir d'autres attentats, nous avons démontré une capacité de réaction rapide et efficace. Je voudrais rendre hommage à tous ceux d'entre vous qui y ont contribué et qui poursuivent aujourd'hui ce travail exigeant de veille et d'intervention.

Au-delà des mesures de sécurité, c'est la mobilisation pour nos valeurs fondamentales qui a frappé les esprits en ce début d'année. Les diverses manifestations sont apparues comme un véritable sursaut visant à réaffirmer certaines valeurs qui nous rassemblent : la liberté d'exprimer son opinion, la liberté de vivre sa religion ou sa conviction philosophique, le désir profond de vivre dans une société qui n'est pas régie par la peur de l'autre.

Les auteurs des attentats récents ont cherché à nous diviser. Nous ne sommes pas tombés dans ce piège. Mais le risque demeure de céder aux raisonnements réducteurs, de créer des fractures nouvelles et d'alimenter une spirale de la haine.

La meilleure manière de réagir est de vivre pleinement nos valeurs. Sur le plan individuel, pour chacun de nous, cela implique par exemple de passer d'une simple tolérance vis-à-vis des autres à une culture de respect et de réciprocité. Une société décente n'humilie personne. Sur le plan politique et administratif, cela nous invite à consolider la qualité du travail de l'Etat et du service au citoyen.

En ce début de 21e siècle, les autorités publiques sont sollicitées de toutes parts. La quantité de problèmes auxquels nos sociétés sont confrontées rend la gestion de l'Etat plus difficile et plus complexe. La globalisation avec ses flux de plus en plus rapides d'hommes, de capitaux, d'idées, nous interpelle et bouleverse nos modes de pensées et nos méthodes de gestion. Devant cette complexification des choses nous devons, chacun dans notre domaine de responsabilité, nous concentrer sur quelques finalités essentielles de l'Etat. Je voudrais en dénombrer trois. L'Etat est appelé à offrir un cadre résilient, inclusif et dynamisant à l'ensemble des habitants de notre pays.

L'Etat constitue un rempart stable et résilient entourant l'action de ses citoyens. Gardien de l'intérêt général à long terme, les autorités publiques gèrent le quotidien en anticipant l'avenir. A travers les crises, elles assurent la pérennité de nos valeurs. Certes, devant les évolutions et les changements, l'Etat doit se réinventer continuellement. Mais l'Etat demeure le garant suprême de la continuité et de la sécurité juridique, sans lesquelles les initiatives - grandes et petites - ne décollent pas. Nous pouvons nous réjouir que de nombreuses administrations sont entrées avec succès dans l'ère du numérique et appliquent des techniques modernes de gestion du personnel. Elles agissent pour la plupart de manière rapide et efficace, même s'il reste des progrès à faire et si certaines administrations méritent une attention plus grande. Par ailleurs, nous continuons parfois à tomber dans le piège de l'inflation réglementaire. L'an dernier, le Moniteur belge a une nouvelle fois battu son record en nombre de pages. Une société complexe requiert bien sûr des règles nuancées. Il n'en demeure pas moins que trop de règles, trop de règles complexes, peuvent être source d'immobilisme. D'où l'utilité de soumettre toute nouvelle règle envisagée à l'épreuve de sa proportionnalité. Le travail des services publics en général et singulièrement celui des cours et tribunaux en bénéficiera. La confiance dans l'Etat et la confiance mutuelle entre tous les acteurs de la société s'en verront renforcées.

Deuxièmement, l'Etat a également une fonction cruciale en tant que garant de l'équité envers tous les citoyens. Parmi les responsabilités essentielles des autorités publiques figurent celles de compenser certaines inégalités, d'attacher plus d'attention aux plus vulnérables, d'organiser le dialogue et d'éduquer au respect mutuel. Le degré d'efficacité de l'Etat se mesure différemment de celui du secteur privé : il se mesure à l'aune de cet objectif d'équité. Les gains d'efficacité réalisés par de nombreuses administrations dans notre pays ne se sont pas faits au prix d'une moindre équité ou de l'abandon de nos valeurs. L'honneur de tout mandataire public et de toute administration est d'être au service de tous. Dans les réformes que nous élaborons, dans les actions que nous menons, cet objectif premier de l'Etat doit plus que jamais être poursuivi. Il en résultera une plus grande cohésion de notre société.

Enfin, l'Etat a un rôle dynamisant. Pour l'autorité publique, la priorité au service implique notamment un soutien à l'action et à la prise de risques. L'Etat ne peut enfermer le citoyen dans un carcan étroit et rigide. Il doit créer les conditions pour libérer et soutenir les initiatives individuelles.

En mettant le service au citoyen au centre de ses préoccupations chaque autorité s'oblige à regarder au-delà de ses propres limites, à rompre les cloisons et à créer des ponts vers les autres autorités compétentes. Une telle mentalité - proactive et stimulante - est de plus en plus présente dans nos administrations. Elle est d'autant plus nécessaire dans un monde où les opportunités ne se présentent pas toujours deux fois. Elle est aussi plus gratifiante pour tout le monde, secteur public comme secteur privé, partenaires d'un même idéal de progrès. Veillons à enraciner toujours plus solidement cet état d'esprit dans notre culture administrative. Un épanouissement personnel accru et une plus grande prospérité collective s'ensuivront.

Mesdames et Messieurs,

Le sursaut en faveur des valeurs qui nous tiennent à cœur nous rassemble et nous pousse à les mettre en pratique avec plus encore de conviction. Pour vous, autorités publiques de notre pays, c'est un encouragement à poursuivre l'ambition d'excellence de l'Etat.

Je vous souhaite à tous une année pleine de bonheur personnel et familial. Je vous souhaite une année couronnée de succès au service de tous les Belges.

 

www.monarchie.be

 

 

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